Par Geneviève de Breyne-Gagnon

C’est dans le cadre de ma maîtrise que j’ai découvert l’univers des stages professionnels. J’y ai été confrontée à une double adaptation : l’adaptation à un nouvel environnement professionnel et l’adaptation à une nouvelle culture. Après trois stages dans trois pays, voici les leçons que je retire et qui j’espère vous aideront à aller chercher le maximum de votre expérience.

1. Prendre le temps de vivre l’adaptation

Avant de partir en stage, on se crée plusieurs attentes et objectifs face à l’expérience à vivre. Bien qu’avoir en tête des objectifs précis est essentiel, il faut faire preuve de flexibilité et être en mesure de réévaluer ses attentes lors de son mandat. Il peut s’agir de composer avec des changements de dernières minutes à vos tâches, de vivre un apprentissage linguistique plus ardu qu’anticipé (qui influe sur votre efficacité) ou tout simplement de prendre du temps pour s’adapter à la réalité culturelle. L’important est de faire preuve de patience et d’accepter ce processus d’adaptation comme faisant partie de l’expérience. Vous devrez aussi accepter que l’adaptation ne soit pas une expérience linéaire et que des éléments qui initialement ne vous posaient pas de difficultés puissent éventuellement devenir un aspect avec lequel vous devrez composer.

2. Accueillir le changement 

En stage à l’étranger, il faut accepter et respecter le fait que les méthodes de travail et d’interaction seront probablement fort différentes de celles auxquelles vous êtes habitué. Certaines choses ne fonctionneront pas comme dans votre pays d’origine et il faut tout d’abord être en paix avec cela. Vous n’êtes pas là pour changer la façon de faire, mais plutôt pour apprendre de celle-ci. Par exemple, lors de mon stage au Pérou en milieu communautaire, j’ai appris l’importance de prendre le temps de bien accueillir les gens lorsqu’ils sont conviés à une réunion de travail. Cela impliquait de servir le thé, une collation et de s’engager dans des discussions informelles. J’ai appris à apprécier et reconnaître les avantages de cette façon de faire, notamment créer un sentiment de confiance et faciliter l’échange d’idées.

3. Identifier une ou des personnes références

Qu’elle vous soit assignée de manière officielle ou non, avoir une personne de référence déjà familiarisée avec la structure organisationnelle et l’environnement culturel est essentiel. N’hésitez pas à demander dès le début de votre stage qui sera cette personne-ressource. Dans l’éventualité où vous n’avez pas de personne assignée de façon formelle, faites la démarche par vous-même auprès d’un collègue.

4. Poser beaucoup de questions

N’hésitez pas à poser des questions à vos collègues, pour clarifier et reclarifier les informations obtenues. Que ce soit en raison de la langue ou de référents culturels et même organisationnels différents, la communication des tâches et l’échange d’idées se compliquent lors d’un stage à l’international. Mieux vaut valider une fois de plus notre compréhension de certaines informations que de se retrouver à faire le travail en double.

5. Ménager les relations interpersonnelles

Créer des opportunités pour discuter avec vos collègues en stage est non seulement important pour générer une agréable atmosphère de travail, mais devient également essentiel si on veut en apprendre davantage sur la réalité culturelle au sein du milieu de travail. Je vous encourage, que vous soyez sociable ou un peu moins, à faire des démarches pour ouvrir le dialogue. Profitez de vos périodes de diner ou de pause-café pour inviter un ou des collègues à vous rejoindre. Surtout, ne restez pas seul à manger devant votre ordinateur tous les jours! Au-delà de cela, devenir un collègue que l’on aime côtoyer sera non seulement bon pour vos recommandations, mais pourra aussi vousouvrir des opportunités d’emplois.

6. Prendre du temps pour connaître et apprécier la culture

Être en mesure d’apprécier et d’adopter la culture dans laquelle vous vivrez pendant quelques mois reflétera grandement sur votre appréciation de l’expérience de stage et vous aidera à surmonter les périodes d’adaptation. Je vous suggère d’expérimenter la nourriture locale, d’explorer la ville où vous résidez, de partir en exploration de fin de semaine, d’aller à des événements culturels, d’écouter les groupes locaux populaires, de lire des auteurs locaux, ou encore d’apprendre à utiliser les expressions locales.  Votre aisance culturelle vous sera utile dans vos tâches quotidiennes que ce soit à l’intérieur ou à l’extérieur des heures de travail. Ne considérez pas que l’apprentissage culturel est secondaire à votre travail, mais plutôt complémentaire. Par ailleurs, pour mieux connaître la culture, faites un effort pour ne pas limiter votre cercle d’amis au réseau d’expatriés. Ainsi, si vous devez vivre en colocation, trouvez-vous un ou des colocataires natifs du pays dans lequel vous réalisez votre stage. Sollicitez vos connaissances pour des contacts ou encore recherchez les groupes Facebook affichant des offres de colocation et chambres à louer.

Pour conclure, selon moi, “réussir” son stage à l’international touche autant à l’avancement professionnel qu’à l’accomplissement personnel. De l’apprentissage de compétences professionnelles à la connaissance personnelle, en passant par l’apprentissage culturel, cette expérience est certes remplie de défis, mais oh combien enrichissante! Bon voyage et bon travail!

Geneviève est coordonnatrice à la défense d’intérêts auprès de la Fédération canadienne des femmes diplômées des universités (FCFDU), une organisation non partisane et autofinancée cherchant à améliorer le statut des femmes et à promouvoir les droits de la personne, l’éducation publique, la justice et la paix. Auparavant, elle a complété un stage auprès de l’Institut mexicain de la jeunesse (IMJUVE) offert par les Offices jeunesse internationaux du Québec (LOJIQ). Elle a également effectué un stage auprès de l’ONG péruvienne Ayni Desarrollo dans le cadre du programme des stages internationaux pour les jeunes (PSIJ) du gouvernement du Canada, de même qu’un stage auprès du Haut Commissariat aux droits de l’homme des Nations Unies dans le cadre de sa maîtrise en droit international et politique internationale appliqués à l’Université de Sherbrooke.