Par Marc André Bodet

Depuis maintenant trois ans, j’ai transformé mes cours du premier cycle en séances d’apprentissage actif. L’idée consiste à repenser les outils à privilégier pour rendre l’enseignement plus efficace et plus complet. Les étudiants doivent lire, écouter ou regarder du contenu théorique ou pratique en préparation pour chaque séance. Les heures passées en classe servent donc uniquement à discuter, décortiquer et évaluer la matière du cours. Typiquement, une séance est divisée en trois parties. Tout d’abord, le professeur et les étudiants font un retour commun sur les documents de préparation consultés. Ensuite, des exercices en équipes de quatre à sept étudiants sont réalisés sous la supervision du professeur. Finalement, une mise en commun de tout le groupe est réalisée pour s’assurer que tout le monde est sur la même longueur d’onde.

Ce format a plusieurs avantages. Il est évidemment beaucoup plus intéressant pour les étudiants qui souvent deviennent moins attentifs lors de longues séances magistrales. Ensuite, les échanges entre étudiants génèrent de nouvelles idées et du contenu original pour l’ensemble du groupe. Mais le principal avantage selon moi se trouve ailleurs. En effet, le fait que cet apprentissage se fasse en équipe permet au professeur d’imposer des lectures beaucoup plus exigeantes. Finis les manuels ou les exégèses. Les étudiants plongent directement dans les articles et chapitres scientifiques. Et ils peuvent en consommer beaucoup plus. Nous avons le temps nécessaire pour aborder des concepts difficiles, des méthodologies nouvelles ou des outils statistiques sophistiqués. Et le professeur peut rapidement détecter les points d’achoppement.

Le département de science politique de l’Université Laval est très dynamique dans la transformation des méthodes d’enseignement, et ce particulièrement dans ses cours touchant la politique électorale et la communication politique. L’objectif est de préparer nos étudiants à des activités professionnelles où le travail d’équipe est nécessaire mais aussi où l’analyse d’information sophistiquée de grand volume est très valorisée. Pour ceux qui choisissent de continuer à la maîtrise par la suite, la marche entre le cours de premier cycle et le séminaire gradué est fortement atténuée. Que du bon donc, et ce pour tous les étudiants.

Marc André Bodet
Professeur agrégé
Université Laval