Par Karine Prémont

Enseigner aux études supérieures est à la fois un privilège et un défi, puisque les étudiants.es sont généralement plus engagé.es dans leurs études et par conséquent, sont plus exigeant.es à l’égard de leurs cours et de leurs professeurs.es. Ayant eu l’occasion d’enseigner pendant dix ans la science politique au niveau collégial, puis d’aller ensuite le faire à l’université, je constate des différences significatives dans la façon dont j’aborde mon travail mais également dans ma préparation et dans l’organisation de mon temps. Chacune de ces différences nécessite des adaptations plus ou moins douces mais permettent de profiter au maximum des avantages conférés par ces deux ordres d’enseignement.

Alors que les tâches universitaires sont plus variées – enseignement mais aussi recherche, service à la communauté et participation à la vie universitaire –, le collégial est axé sur l’enseignement et à ce titre, permet assez facilement l’utilisation d’un plus grand nombre de méthodes pédagogiques : les contenus des cours étant plus généralistes et l’objectif principal étant d’intéresser les étudiants.es à la science politique, les professeurs.es sont encouragé.es à développer des méthodes d’enseignement adaptés à ces conditions, souvent facilitées par le fait que les groupes sont plus petits qu’à l’université.

C’est toutefois dans le cadre de l’enseignement universitaire que la recherche est la plus dynamique. D’abord, parce que les professeurs.es sont plus nombreux au sein d’une même discipline, ce qui facilite les échanges et le développement de projets communs. Ensuite, parce que les subventions de recherche s’adressent le plus souvent aux professeurs.es universitaires – bien que les chercheurs du collégial qui s’intéressent aux questions pédagogiques aient accès à des subventions. Il y a donc, à l’université, diverses occasions de mettre sur pied des équipes de recherche, puis de diffuser les résultats par le biais de participations à des colloques nationaux ou internationaux.

Malgré ces différences, l’enseignement au collégial et à l’université nécessitent tous deux la même rigueur de contenu, le même effort pédagogique et la même cohérence dans les évaluations. Mais surtout, ils demandent, de la part des professeurs.es, une passion et un désir réel de s’engager auprès de leurs étudiants.es.

Karine Prémont est professeure à l’École de politique appliquée de l’Université de Sherbrooke