Par Katrine Beauregard

L’Australie semble de plus en plus une destination populaire si je me fie au nombre de Canadiens employés dans les universités australiennes, alors voici mes conseils pour ceux et celles qui souhaitent faire le saut down under.

  1. Apprendre à bien maîtriser Skype

À ANU, toutes nos entrevues d’embauche se font par Skype. Il est donc important de bien pouvoir communiquer par ce moyen. La présentation de recherche est généralement limitée à 30 minutes incluant les questions. Il faut savoir être clair et avoir un but ou un argument particulier à communiquer lors de la présentation. Les meilleures présentations ont un nombre limité de diapositives PowerPoint (qu’il est important de distribuer à l’avance) pour éviter de s’étendre sur les détails moins important. C’est un peu comme une présentation lors d’une conférence où le son est plus mauvais, d’où la nécessité d’avoir un message clair.

Il est aussi important lors de l’entrevue de communiquer son enthousiasme à déménager en Australie. L’Australie, c’est loin (voir point #2), alors les départements veulent s’assurer que le ou la candidate est vraiment prête à déménager en Australie avant de faire une offre.

  1. L’Australie, c’est loin

Une fois qu’on a obtenu un poste, d’autres contraintes peuvent se poser. Cela peut paraître évident, mais la distance géographique entre l’Australie et le Canada (et les États-Unis, et l’Europe) peut causer certaines difficultés professionnelles. Tout d’abord, si vous êtes comme moi et avez fait votre doctorat au Canada, déménager en Australie signifie s’éloigner considérablement de son réseau. Il n’est donc pas surprenant de se sentir isolé : quand tu es debout, l’autre moitié du monde dors, et vice versa! Ainsi, développer de bonnes relations avec mes collègues à l’université m’a été indispensable pour développer un réseau australien.

Il ne faut cependant pas avoir peur de sortir de l’Australie. Cela peut prendre entre 24 et 35 heures pour aller en Amérique du Nord ou en Europe. Il peut donc être tentant de rester en Australie une fois arrivé. Même si le décalage horaire est horrible, je conseille dans la mesure du possible d’aller assister à des conférences pour avoir de nouvelles idées et partager sa recherche. Cela peut aider à briser l’isolement.

  1. Enseigner quand tout est enregistré

Enseigner en Australie est plutôt similaire au Canada à un détail près : en Australie, les cours sont enregistrés. Cela signifie que les étudiants ont accès aux enregistrements. Il n’est donc pas rare que les étudiants choisissent de ne pas venir aux cours. Par conséquent, il faut trouver de nouvelles façons pour motiver les étudiants à assister aux cours. Simplement faire un cours magistral n’est pas suffisant. Il faut encourager la participation si on ne veut pas enseigner devant une classe vide. L’utilisation de vidéos, de jeux ou de simulations en plus des travaux et présentation en équipe sont divers moyens que l’on peut utiliser pour s’assurer de la présence des étudiants. D’autres exemples d’enseignement non magistral ont d’ailleurs été offerts précédemment dans ce blogue, que ce soit ICI ou ICI.

Finalement, un dernier conseil, il faut faire attention aux araignées, elles sont pas mal plus dangereuses qu’au Canada!

 

Katrine Beauregard est Lecturer (Professeure-adjointe) à l’Ecole de politique et relations internationales de l’Australian National University à Canberra, Australie